"L'année
2006 a été, pour nous, plutôt une bonne année parce que nous étions
engagés dans un processus lourd d'investissements à la fois sur les
programmes de M6 et également sur les chaînes numériques", souligne
Nicolas de Tavernost, devenu PDG du groupe en mai 2000, à la
disparition du président historique Jean Drucker.
"Nous
avons compensé en résultats ces investissements par une activité assez
soutenue dans un certain nombre de secteurs", ajoute Nicolas de
Tavernost.
Outre sa chaîne amiral, M6 ne compte pas
moins de neuf chaînes numériques dites de complément, la chaîne
gratuite de la télévision numérique terrestre W9, Paris Première, Teva,
Fun TV, Music Black, Music Hits, Music Rock, TF6 et Série Club.
M6 a investi dans la vidéo à la demande, les achats de droits, la
télévision sur téléphone mobile et même le redressement du club des
Girondins de Bordeaux, propriété du groupe.
Le
groupe a terminé l'année 2006 avec un chiffre d'affaire de 1.283,4
millions d'euros, en hausse de 18,8%. Il a notamment compensé la
déconsolidation du groupe satellitaire TPS, dont il était actionnaire,
qui a fusionné avec le bouquet satellitaire CanalSat contrôlé par le
groupe Canal+.
M6 attribue ces bons résultats à la
croissance des recettes publicitaires, au dynamisme des
diversifications et aux "relais de croissance" mis en place en 2005,
notamment le site de téléachat mistergooddeal.com et le service de
télévision sur téléphone mobile (en partenariat avec l'opérateur
Orange), M6 Mobile by Orange.
Mais il mise avant
tout sur la puissance d'attraction de ces programmes. "L'année 2006 a
été une année très importante en terme d'installation de nouvelles
émissions, souligne Thomas Valentin, directeur des programmes du groupe.
M6,
ajoute-t-il, est "l'une des chaînes qui ont les marques (titres
d'émission) les plus anciennes, avec beaucoup de marques qui ont plus
de 15 ans". Il cite notamment "E=M6", "Zone interdite", "Capital",
"Turbo".
Selon lui, pour lutter contre la
concurrence née de la multiplication des chaînes gratuites, il faut des
rendez-vous avec les téléspectateurs "forts, puissants et référencés".
"Le
travail des deux prochaines années est de consolider la chaîne (M6) sur
le day time", c'est-à-dire hors soirée, souligne Thomas Valentin. "Nous
allons investir sur des émissions en avant soirée (17H00-20H30), parce
que c'est le meilleur moyen de faire face à la concurrence et
d'affirmer l'identité de la chaîne", ajoute-t-il.
Face
aux changements du paysage audiovisuel dans les trois prochaines
années, poursuit Thomas Valentin, M6 a une réponse simple: augmenter sa
puissance en prime time, des investissements progressifs dans les deux
prochaines années en avant-soirée et une politique de "famille de
chaînes", notamment avec W9, Paris Première et Teva.
"Cette
politique de famille de chaînes est pratiquée très fortement en dehors
de France, a encore souligné Thomas Valentin. Selon lui, il faut "une
chaîne leader et des chaînes complémentaires qui doivent être
positionnées avec deux idées simples: une identité forte pour chacune
d'entre elle et un positionnement très différent les unes par rapport
aux autres".
Par Jérémy SOLIGNAT le 7 mars 2007