"Cela
fait trois ans que l'équipe est en place. Il va y avoir une
réorganisation de la rédaction pour la rentrée", a annoncé Arlette Chabot, directrice de la rédaction de France 2, en marge
du Salon de la Télé organisé ce week-end porte de Versailles à Paris.
Un séminaire réunissant l'encadrement de la rédaction se tiendra samedi prochain pour préparer ces changements, a-t-elle ajouté.
Il
y aura des "ajustements" mais cela ne concernera pas la présentation
des journaux télévisés, a précisé Mme Chabot. "Les trois présentateurs,
David Pujadas, Elise Lucet et Laurent Delahousse restent", a-t-elle
souligné.
Dans un document interne remis à la
direction il y a quelques jours et qui a filtré dans la presse, la SDJ
s'inquiète du "malaise" qui règne à la rédaction de la chaîne:
"audience en berne, démotivation, climat tendu".
La
part d'audience du journal télévisé de 20h00 n'a cessé de baisser.
Alors qu'elle tournait autour de 22% en moyenne en semaine entre
septembre et avril, elle est passée plusieurs fois sous la barre des
20% lors des dernières semaines, reconnaît la chaîne.
L'audience
a été "très affectée par la diffusion, juste avant le journal, des
modules de la campagne officielle" pour les élections présidentielle
puis législatives, a déclaré Patrice Duhamel, directeur général
de France Télévisions, chargé des antennes, du développement et de la
diversification, présent lui aussi au Salon de la Télé.
Vendredi,
le journal de 20h00 a ainsi démarré sur une part d'audience de 5%
seulement pour faire finalement 17,7%, a relevé M. Duhamel. Samedi, il
est remonté à 23% car il n'y avait plus de modules de campagne, a-t-il
estimé.
"Nous pensons qu'il faut engager une
réflexion collective sur la place des modules de la campagne officielle
dans les grilles de programme afin que cela n'affecte pas les audiences
des journaux télévisés du service public", a considéré M. Duhamel.
Le
public de France 2 est "très volatil et très exigeant en matière
d'information. Il faut maintenant faire un gros effort pour le
retrouver et effacer les séquelles" de cette période, a considéré Mme
Chabot.
"La direction du groupe pense que le débat
sur le contenu et la hiérarchie de l'information est un débat très sain
et utile", a déclaré Patrice Duhamel. La SDJ a fait un "cahier de
doléances" qui permet aux journalistes d'"exprimer leur ressenti",
a-t-il souligné.
Arlette Chabot, qui dirige la
rédaction depuis mars 2004, a regretté toutefois que le texte soit
"sorti à l'extérieur". "Mettre ses états d'âme sur la place publique
est très négatif pour l'image" de la chaîne, a-t-elle considéré.
La
directrice de la rédaction entend "mettre le paquet" sur le journal de
20h00. "Il faut apporter de la valeur ajoutée" aux informations, avec
des explications, des décryptages, des témoignages, a-t-elle considéré.
Intitulé
"Urgences", le document interne de la SDJ, estime que les journaux de
la chaîne "manquent de souffle, de cohérence, de pertinence". "Il est
impératif que le présentateur et les rédacteurs en chef soient plus à
l'écoute et acceptent aussi de faire le journal de la rédaction. Ce qui
n'est plus le cas depuis plusieurs années", affirme le texte.
Par Jérémy SOLIGNAT le 18 JUIN 2007